Calcaire

Les calcaires sont des roches sédimentaires, tout comme les grès ou les gypses, facilement solubles dans l’eau (voir karst), composées majoritairement de carbonate de calcium CaCO3 mais aussi de carbonate de magnésium MgCO3. Lorsque la roche comporte une proportion non négligeable d’argile, on parle plutôt de marne. Il se forme par accumulation, au fond des mers, à partir des coquillages et squelettes des micro-algues et animaux marins. C’est en France, en Suisse et en Belgique la roche la plus courante qui compose autant des montagnes (Alpes, Jura, Pyrénées) que des plaines (Champagne), bassins (Bassin parisien) ou des plateaux (Jura, Larzac) . Le calcaire est reconnaissable par sa teinte blanche et généralement la présence de fossiles. Il est la base de nombreux matériaux.

La craie est une roche calcaire formée par une accumulation de squelettes calcaires des microalgues (exemple : les Coccosphaerales) et animaux marins (exemple : les foraminifères) dans la zone de suintement pélagique (voir lysocline pour des informations sur la dissolution de la calcite).

Le tuffeau est de la craie micacée ou sableuse à grain fin, de couleur blanche ou crème parfois jaunâtre, contenant quelques paillettes de mica blanc (muscovite).

La calcite est le polymorphe d’origine secondairement géologique du carbonate de calcium. Le polymorphe d’origine primairement biogénique est l’aragonite (exemple d’aragonite : le squelette des coraux hermatypiques).

Le calcaire réagit avec l’acide chlorhydrique pour former du chlorure de calcium, un sel très soluble dans l’eau. Cette réaction effervescente est utile au géologue qui doit, sur le terrain, reconnaître une roche calcaire.

Nettoyé de ses impuretés et réduit en une poudre fine de généralement 40 microns, le calcaire prend les appellation commerciales de blanc de Meudon ou blanc d’Espagne. Il est utilisé pour occulter provisoirement une vitrine désaffectée, décorer les fenêtres lors des fêtes de Noël ou de Pâques, fortifier les pelouses, nettoyer vitres, marbres, cuivres, étains et bronzes. Mélangé à de l’huile de lin, le blanc d’Espagne devient mastic de vitrier. Mélangé à du savon et à de la glycérine, le calcaire devient une « pierre d’argent » ou « pierre d’argile », un produit de nettoyage multi-usages.

Porté à une température de 900 °C dans des fours à calcination (Les fours à chaux), un calcaire pur prend l’apparence de pierres pulvérulentes en surface – chimiquement parlant de l’oxyde de calcium – appelées chaux vive.

La concentration du calcaire dans l’eau potable ou dureté s’exprime en « degré français ». Un degré correspond à 4 mg/l de Ca. Il n’y a pas de teneur maximum réglementaire.

La présence de calcaire dans l’eau ne présente pas d’inconvénient pour la santé lorsqu’on la boit, en ce sens qu’il apporte une supplémentation en calcium et ne cause par ailleurs pas de dommage. En revanche, il a un effet néfaste sur la peau, qu’il assèche, et constitue une source de complications (irrations, voire eczéma, psoriasis, etc). Si l’eau est trop dure, il est alors recommandé d’installer un adoucisseur d’eau.

En revanche une dureté trop élevée peut être source de désagréments à l’usage (entartrage, difficulté à faire mousser le savon, linge rêche). Les eaux distribuées dans la plupart des régions calcaires de France sont dans ce cas (Bassin parisien, Causses, Préalpes, piémont des Pyrénées).